Histoire
Tout comme les autres îles des Mascareignes, il se peut qu’Agaléga fût connu des navigateurs malais et arabes, mais aucunes traces écrites qui confirment ces dires n’ont été retrouvées à ce jour.
Quand à l’origine de nom Agaléga, il en existe trois versions :
Il se peut que l’explorateur Portugais Don Pedro de Masceranhas baptisa les deux îles en 1512, quand il découvrit l’île Maurice et l’île de la Réunion. Ainsi il aurait nommé Agaléga et l’île de Ste Marie (au large de la côte est de Madagascar) en l’honneur de deux de ses voiliers, le “Galega” et le “Santa Maria“.
La seconde piste, qui est la plus probable, est celle qui nous mène à Juan de Nova, navigateur Galicien, employé par les Portugais. Il fut connu de ses marins sous le sobriquet Jean Gallego. Ce baptême est bien documenté dans Les Nouvelles Annales de Voyage (Tome 38, page 88). Il y est écrit que le dénommé Juan de Nova découvrit ces îlots en 1501. Agalega, écrit en galicien a galega, veut dire la galicienne.
La troisième piste de parrainage des deux îles, est le navigateur Portugais Diogo Lopes de Sequeira. Sir Robert Scott expliqua dans son livre Lumuria que ce navigateur découvrit Agaléga en 1509 et le nomma Baixas da Gale or Galeass Bank, Gale signifiant un vent de force 8 en anglais. Le nom fait référence, ironiquement, à la formation d’une bourrasque de vent qui aurait modelée les côtes des deux îlots. A la suite de cette découverte, les cartes de la région représentaient les îlots comme Gale, Galera, Galega et finalement Agaléga.
M. de Rosemond fonda le premier établissement de l’île. A son arrivée en août 1808 il découvrit le corps de deux naufragés et une bouteille contenant des notes écrites par l’un d’eux, le corsaire Robert Dufour. La seule montagne de l’Ile, Montagne d’Emmerez (ou colline), tire ainsi son nom de l’aventure tragique de la deuxième naufragée, une mauricienne, Adelaide d’Emmerez. Selon les bases de Memoires et découvertes d’Auguste le Duc, on pourrait conclure que les naufragés auraient été les premiers vrais occupants de l’île de 1806 à 1808.
Le développement économique, infrastructurel et politique de l’île ne trouvera son essor qu’à l’arrivée de Auguste Le Duc en 1827, administrateur français envoyé par M. Barbé pour s’occuper de sa production de l’Huile de Coco et du coprah. Toujours présents, des vestiges historiques datant de 1827 à 1846, fait de mains d’esclaves: Le village Vingt-Cinq (à cause des 25 coups de fouet que recevaient les esclaves rebelles), Les Cachots des Esclaves, Le Moulin à l’Huile, Le Cimetière des Noirs, Le Cimetière des Blancs entre autres. Auguste le Duc entama même la construction d’un pont entre les deux îles, qui sera balayé rapidement par les forces de la nature.
L’Eglise Catholique ne s’implantera qu’en 1897 avec le premier missionnaire, le père Victor Malaval, s.j. Une chapelle improvisée fut construite sur l’Ile du Sud.
L’origine des habitants a été hautement influencé par la situation politique du monde au XIXe siècle (L’Ile Maurice qui passe au anglais en 1810, l’abolition de la traite négrière, l’Abolition de l’esclavage en 1835, les Coolies ). Des esclaves d’origines malgaches,de Madras en Inde, des esclaves libérés de navire négrières, ou l’entrepot d’esclaves comoriens.
Des légendes tel que “Calèche Blanc” et de la “Princesse Malgache” enterrée sur l’ile ou encore le langage codé de “langaz Madam Seret” a suivi une tradition orale depuis le temps des esclaves. Cette langue est un mélange de français et de créole mauricien où chaque syllabe est doublée avec la première consonnes remplacés par le “g” (ex. “français” devient “frangrançaisgais”). L’origine et le but de cette langue reste flou.
De nos jours, la population est d’environ 300 personnes (Agaléens) qui parlent le créole et le catholicisme est prédominant.